En 2010, nous apprenons que des bouteilles de champagne ont été retrouvées après 170 ans passées au fond de la mer Baltique. L’analyse de ces champagnes, les plus vieux jamais dégustés, montrent qu’ils étaient très sucrés. Rien de surprenant parce qu’on le dégustait majoritairement au moment du dessert jusqu’à l’apparition du champagne « BRUT » au milieu du XXème.

Aujourd’hui nos habitudes de consommation ont changé avec une volonté de réduire le sucre. Mais pas uniquement. Nous apprécions de plus en plus la pureté du champagne et nos goûts ont évolué.

Nous vient alors l’idée d’élaborer des cuvées à plus faible teneur en sucre, et c’est là que naît notre champagne extra brut, la première de nos cuvées inaugurant cette aventure.

Mais qu’est-ce qu’un Champagne extra brut? Le Champagne extra brut est moins sucré que le champagne brut. Il doit en contenir moins de 6 grammes par litre contrairement au BRUT qui peut monter jusqu’à 12 grammes.

Attention, tous les champagnes ne s’y prêtent pas car l’ajout infime de sucre ne saurait masquer un vin de qualité moyenne. Il faut donc un assemblage de très (très) grande qualité et un vieillissement prolongé en cave, spécialité de notre maison.

Le succès que connaît notre Extra brut nous pousse à aller plus loin deux ans plus tard et relever un défi pour le moins ambitieux à partir du millésime de 2009.

Nous n’avons pas choisi ce millésime par hasard, ce fut une année très ensoleillée avec des raisins naturellement sucrés, un délice. A cette époque nous savions que ce serait l’assemblage parfait pour en faire un champagne Brut Nature, aussi appelé Zéro dosage, qui a la particularité de ne contenir aucun sucre ajouté.

Mais les ventes de Brut Nature ne représentaient alors même pas 1% des ventes !

Et on a longuement essayé de nous en dissuader. Pourtant aujourd’hui c’est plus qu’une tendance, c’est un voyage initiatique. De par son style particulier, le « vin nu » était habituellement dégusté entre professionnels dans les caves à l’abri des regards.

C’est bien le niveau de sucre ajouté qui différencie un Brut Nature, d’un Extra Brut, d’un Brut ou encore d’un demi-sec.

 

A ce stade de votre lecture, un mythe tombe, 99,9% des champagnes contiennent du sucre ajouté en fin de période de vieillissement.

En 2008, quand nous avons commencé cette nouvelle aventure avec Ferdinand, on nous aurait traité de fous de vouloir sortir un champagne autre que Brut.

Alors pourquoi s’être lancé dans l’élaboration d’un Brut Nature ?

Le dosage en sucre est une étape importante dans l’élaboration du champagne. Il fait de lui un vin d’exception, lui donne une touche singulière. Attention, à trop en ajouter, on peut prendre le risque de perdre son authenticité et sa personnalité. 

L’arrivée du Brut Nature, indépendamment de la tendance actuelle vers le moins sucré est tout d’abord notre volonté de montrer l’expression du terroir, le vin nu.

Quand on pense que Pierre Pérignon, dit Dom Pérignon buvait au XVIIIème siècle un champagne avec plus de 100 grammes de sucre par litre ajouté… les mœurs, le climat et la technique ont bien changé !

Pourtant moins nous avons de sucre dans une bouteille, plus son intégrité et sa complexité sont préservées. Il faut tout de même un vieillissement prolongé et une vendange exceptionnelle comme 2009 pour produire une cuvée sans dosage. L’autre raison est que le Brut Nature ne présente pas le goût habituel du champagne.

C’est ce qui le rend si spécial, une expérience unique à vivre. 

Alors, prêt pour tenter l’aventure ?